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André Malraux, des Brigades internationales au Ministère de la Culture
Claude Pichois
André Malraux, des Brigades internationales au Ministère de la Culture
Claude Pichois
M. Claude Pichois (CP), agrégé, professeur à la Faculté des Lettres de l’Université de Bâle, décrit dans cette conférence l’itinéraire du parcours d’André Malraux à travers les grandes oeuvres littéraires telle que "L’Espoir". André Malraux, militant antifasciste, combat en 1936-37 aux côtés des Républicains espagnols et son engagement le conduit à écrire son roman "l’Espoir". La leçon de "L’Espoir" est de montrer le déchirement d’un homme qui admire la force et l’efficacité du communisme tout en ne pouvant se résoudre à négliger la liberté et la fraternité. Malraux servit la République espagnole par la propagande. En effet, "L’Espoir", publié en décembre 1937, est un livre de circonstance qui cherche à émouvoir la France en faveur des Républicains. C’est un témoignage direct de ce qu’a vécut Malraux. CP poursuit en expliquant l’origine du titre de ce roman. Celui-ci vient de la victoire à Guadalajara de l’armée populaire sur les blindés italiens fascistes, qui a permit de garder espoir quant à la victoire sur les Franquistes. CP s’arrête sur les événements mêmes qui font la trame de "l’Espoir". Ce roman est une fresque véridique des premiers mois de la guerre civile. Pour Malraux, l’opinion la plus répandue est que tout grand roman est une transcription de la réalité, mais pourtant selon lui jamais un grand romancier n’a crée un personnage identique à une réalité quelconque. Il en arrive à la conclusion que le roman relève d’une irréalité fondamentale. Selon CP, avec Malraux on revient aux origines vivantes et vivifiantes du roman, au poème épique. Cette origine épique est particulièrement visible dans "l’Espoir". Il est épique par son caractère national, guerrier et grandiose. Pour CP "l’Espoir" se range parmi les grandes épopées françaises à côté d’oeuvres comme "Germinal". CP poursuit en analysant "l’Espoir" sur le plan de la poésie. Ce roman est un poème, au sens strict, par l’importance qu’on les images suggestives qui s’imposent à l’auteur et qui par l’auteur s’imposent à nous. Il s’impose également comme un poème par le rythme haletant, saccadé, que lui donne Malraux. Un rythme personnel qui s’accorde au rythme de l’Histoire. CP conclue en déclarant que "l’Espoir" c’est surtout l’espoir d’une dignité retrouvée à l’intérieur de l’Espagne dans la fraternité. L’espoir que l’organisation de la paix ne troublera pas la fraternité cimentée par le sang versé sur les champs de bataille.