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Les graves problèmes qui se posent actuellement aux hommes et aux partis de gauche en France
André Philip
Les graves problèmes qui se posent actuellement aux hommes et aux partis de gauche en France
André Philip
André Philip [AP], ancien résistant, ancien ministre, député et socialiste, esquisse «ce que sera la gauche française dans les années qui viennent», après la prise de pouvoir par de Gaulle [DG]. Le contexte, parfois mal perçu à l’étranger, est une France en pleine contradiction: crise de croissance, expansion jamais connue, mais superstructures politiques ne correspondant plus aux réalités du moment. La 4e République est morte par suicide. L’instabilité ministérielle y était couplée à une grande stabilité du personnel politique. Les partis, trop nombreux et dont les divisions ne signifiaient plus rien, se neutralisaient; vrai pouvoir, l’administration était bloquée par ses rivalités internes; le parlement se voulait «réaliste», donc infidèle à ses promesses. Seule la crise gouvernementale permettait de progresser, le public restant d’une indifférence totale. AP, l’un de ses auteurs, estime bonne la constitution de la 4e, mais on appliqua les habitudes de la 3e République; la 5e suivra-t-elle les principes de la 4e? De Gaulle: «Nous venons paraît-il d’adopter une nouvelle constitution», qu’AP n’approuve qu’en partie. DG lui paraît se définir comme arbitre et rassembleur de la nation, persuadé de pouvoir incarner, comme en juin 1940, un «essentiel national susceptible de connaissance objective». Mais son danger est celui d’un socialisme technocratique autoritaire dont la propagande fera admettre par la masse les décisions de «ceux qui savent». La gauche doit donc être constructive mais intransigeante, internationaliste, humaniste, universaliste. Au programme, d’abord la défense de la liberté: sanctions «contre toutes les brutalités et tortures», suppression du ministère de l’information, autonomie locale et régionale, politique économique avec un maximum de participation. «Le parlement doit devenir, non toute l’autorité, mais une autorité avec laquelle l’exécutif soit obligé de compter». AP espère une redistribution des camps, dans les deux ans. Conférence remarquable et vivante (tout le monde ne parlait pas si clairement), portrait peu complaisant de la France d’alors, dont la justesse frappe encore; l’auditoire s’amuse parfois d’un commentaire
Origine : France ; Homme politique, socialiste; député (1936-1940, 1946-1958), refuse les pleins pouvoirs à Pétain; ministre des gouvernements Gouin, Blum et Ramadier (1946-1947); opposé à la politique algérienne de Guy Mollet